Rilov:Avocat ayant défendu les Samsonite

(Samsonite : le marathon des ex-salariés (Cash Investigation) – Arrêt …)

Goodyear. « Sans les prévenus, cela aurait pu tourner au drame »

Ouest-France, toute l’actualité locale et internationale  Publié le 19/10/2016 à 07:30
Me Fiodor Rilov. | Archives Ouest-France – Marylise Couraud.

Me Fiodor Rilov.

 

Recueilli par Even VALLERIE.
Des milliers de soutiens sont attendus ce mercredi à Amiens pour le procès en appel de huit ex-salariés de Goodyear. 100 cars ont été affrétés en France, Belgique et Suisse, selon la CGT. Les huit personnes poursuivies, dont cinq délégués CGT, avaient été condamnées en première instance, en janvier dernier, à deux ans de prison dont neuf mois ferme. Me Rilov assure leur défense.

Après l’annonce de la fermeture de l’usine de pneumatiques d’Amiens (1 143 salariés), quelques dizaines de salariés avaient retenu pendant trente heures le directeur des ressources humaines et le directeur de la production, avant de les relâcher sans violences. Selon Me Fiodor Rilov, leur défenseur, les huit prévenus n’ont pas fait d’action répréhensible. Explications.
Comment abordez-vous ce nouveau procès ?

Ces huit personnes ont écopé de prison ferme. Il s’agit d’une injustice. Dès que la possibilité d’une analyse méticuleuse du déroulement des événements des 6 et 7 janvier 2014 sera possible, nous ferons éclater au grand jour l’innocence de personnes qui n’ont eu aucune action condamnable. Sans leur action, cela aurait même pu tourner au drame.

C’est-à-dire ?

Les huit salariés n’ont pas commis d’infraction. Ils étaient sur place pour éviter que ne s’exprime une colère bien légitime. Les salariés allaient, pour certains, se retrouver à la rue, leur famille disloquée. L’histoire du mouvement social est jalonnée de mouvements de colère qui ont permis des progrès. Pendant le procès, il y aura des vérités qui seront montrées et qui risquent d’en surprendre plus d’un.
Pensez-vous qu’il y ait un durcissement des pouvoirs publics face à de tels événements ?

Dans le cas de Goodyear, quand le procureur de la République a requis deux ans de prison dont un ferme, il savait qu’il causerait une réaction d’indignation dans tout le pays. Une telle peine n’avait pas été réclamée depuis un demi-siècle, c’est un tremblement de terre social. Je ne peux pas imaginer que l’on puisse ouvrir cela, sans que ce soit décidé au plus haut niveau, c’est une décision politique. En France, le procureur n’a pas une indépendance totale.
Quel est l’enjeu du procès, selon vous ?

Encore aujourd’hui, alors qu’il n’y a plus de plaignant car les directeurs ont retiré leurs plaintes, les pouvoirs publics s’obstinent. Cela montre que le gouvernement n’a pas renoncé à imposer ce climat de peur. En fonction de la décision, il y aura soit un climat de crainte maintenu, soit le retour à des rapports sociaux normaux.