Sud Ouest
samedi 21 février 2015

Bordeaux : grève en vue sur le réseau TBC

Bordeaux : grève en vue sur le réseau TBC

Publié le 21/02/2015 à 06h00 , modifié le 21/02/2015 à 11h19 par
Jonathan Guérin
Un préavis de grève commençant le 2 mars a été déposé
Bordeaux : grève en vue sur le réseau TBC Vendredi 13 février, un bus avait été caillassé à Bruges, blessant légèrement sa conductrice. © Photo
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Les syndicats ne désarment pas. La SNTU-CFDT et la CGT de Keolis, l’entreprise qui assure pour le compte de Bordeaux Métropole le service des trams et bus, ont posé un préavis de grève commençant le 2 mars pour une durée d’un à sept mois. « La direction ne répond toujours pas aux demandes faites en matière de sécurité », explique Jean-Christophe Colombo, pour la CFDT.

 

Dans la ligne de mire, les conditions de travail dans la cité des Aubiers. Depuis quelques semaines, la tension est montée. « Les jeunes descendent à 20 ou 25 des tours et créent le bordel, raconte un conducteur. Ils agressent nos collègues, monopolisent les bus du terminus pour y fumer. On vient au boulot la peur au ventre. »

En réaction, la direction de Keolis mobilise depuis deux semaines un agent de sécurité et un maître-chien patrouillant sur le parking des bus de 15 à 22 heures. Insuffisant, répondent en chœur les syndicats, qui voudraient une protection jusqu’à la fin des services de nuit. « Un bus a encore été caillassé à Bruges, non loin des Aubiers, totalement gratuitement », s’alarme Jean-Christophe Colombo. La conductrice a été légèrement blessée mais ses collègues soulignent le climat très tendu et des attaques de plus en plus fréquentes.
Nouveau désaccord

Les deux organisations syndicales annoncent que le mouvement sera très suivi. D’autant qu’un autre sujet fait débat. « La direction voudrait imposer un nouveau système de validation », explique David Bimboire, délégué syndical CGT. Les chauffeurs n’ouvriraient plus qu’une porte à l’avant, pour accueillir individuellement les voyageurs et les inciter à poinçonner. « Une fois de plus, nous sommes livrés à nous-même, commente le syndicaliste. D’accord pour qu’un salarié, en dehors du chauffeur, soit chargé du respect de la validation. Mais dans des quartiers ‘‘sensibles”, quel conducteur va prendre le risque de devenir contrôleur ? »

Contacté par « Sud Ouest », Keolis n’a pas pu répondre dans les temps. Les syndicats indiquent que « la grève n’est pas une fatalité ». « Nous cherchons avant tout des avancées », concluent-ils.