Bordeaux : après les agressions au laser, descente de police dans le quartier des Aubiers

À la suite des récentes agressions de conducteurs de bus et de tramway avec des pointes laser, les forces de l’ordre ont mené, mercredi, une vaste opération de contrôle

Bordeaux : après les agressions au laser, descente de police dans le quartier des Aubiers
Lors d’une opération menée, hier, en fin d’après-midi, les policiers en tenue de maintien de l’ordre ont inspecté plusieurs bâtiments et procédé à des vérifications d’identité © Photo

Guillaume Bonnaud
Dans le jargon policier, cela s’appelle « donner un coup de pied dans la fourmilière ». Mercredi, en fin d’après-midi, plus d’une trentaine de policiers du Service de sécurité de proximité (SSP), de la brigade anticriminalité (BAC) et de l’unité cynophile légère, ont mené une vaste opération dans le quartier des Aubiers, à Bordeaux. Cette Slic (Structure légère d’intervention et de contrôle) menée sur réquisition du parquet n’a donné lieu à aucune interpellation mais les policiers ont procédé à des vérifications d’identité.

Ils ont également investi des barres d’immeubles et passé au peigne fin des caves et cages d’escaliers. L’objectif de cette mission, appelée à se renouveler au cours des prochains jours et des semaines à venir, est de sécuriser le quartier afin d’éviter notamment de nouvelles agressions de conducteurs de bus et de tramway avec des pointes laser.

Dimanche dernier, une nouvelle attaque au laser a été dirigée contre un conducteur. Désormais, au moindre signalement, le trafic cessera en direction des Aubiers selon la CGT transports qui se dit inquiète face à la recrudescence de tirs lasers.

Depuis le début de l’année, 51 faits ont été recensés par le syndicat Force ouvrière qui dénombre également 15 procédures d’agressions et quatre arrêts de travail liés à ce phénomène (lire « Sud-Ouest » du 16 octobre). « Un conducteur a dû être licencié en juillet dernier, rappelle Jean-Luc Doucereux, délégué FO. Après avoir été blessé par un pointeur laser, il a des problèmes de vue et tous ses permis lui ont été retirés. Nous n’avons pas trouvé de solution de reclassement et il a fini par accepter le licenciement. »

L’inquiétude et la tension montent chez les conducteurs. Mardi, Xavier Sanchez, secrétaire général CGT transports, a écrit au directeur de Keolis Bordeaux, Hervé Lefèvre, pour lui demander d’organiser une réunion intersyndicale dans les plus brefs délais. « Il est primordial que nous trouvions ensemble des solutions afin que les salariés comme les usagers ne soient plus des cibles, mises en danger par ces tirs laser. Il est urgent que nous ayons une intervention commune auprès du préfet, du procureur de la République et du président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) afin d’endiguer ce fléau, d’autant que le sentiment d’insécurité et de ras-le-bol dans l’entreprise est grandissant. » Le syndicaliste menace même de décréter « un arrêt total du réseau » et de lancer un préavis de grève « pour être entendu ».

Les policiers de la Direction départementale de la sécurité publique, sensibilisés sur ces attaques au laser ont donc réagi. Au quotidien, des patrouilles fréquentes tournaient déjà dans le secteur mais, désormais, celles-ci vont s’intensifier et des policiers en tenue vont assurer une présence qui devrait être dissuasive.

Les policiers du SSP et de la BAC, comme ce fut également le cas hier soir, sont omniprésents autour de la place des Quinconces pour veiller au bon déroulement de la Foire aux plaisirs.

Il y a quinze jours, lors de la venue du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, le maire et président de la CUB Alain Juppé a, lors d’un entretien privé, fait part de son souhait de voir le quartier des Aubiers classé en Zone de sécurité prioritaire (ZSP). Cela signifierait que des moyens pourraient être attribués afin d’apporter des réponses durables et concrètes dans ce secteur où les observateurs notent une dégradation des conditions de sécurité.