Eure-et-Loir > Pays Drouais > Dreux 03/10/14 – 18h50

Les chauffeurs, les usagers et l’agglomération se plaignent des dos-d’âne trop violents

 

Thierry, chauffeur sur le réseau urbain, et ses collègues en ont assez de franchir d’innombrables ralentisseurs. - pascal boursier

Thierry, chauffeur sur le réseau urbain, et ses collègues en ont assez de franchir d’innombrables ralentisseurs. – pascal boursier

Utiles pour calmer les délinquants de la route, les ralentisseurs pullulent et pénalisent les chauffeurs de bus, les usagers et les véhicules.

De l’index, Thierry pointe le bas de son dos et dit : « Il ne faut pas se raconter d’histoires. À la longue, les reins, ils finissent pas trinquer. »

360 dans la journée…

Si Thierry, chauffeur de bus sur le réseau urbain de Dreux, Vernouillet et Luray, souffre de douleurs lombaires, ce n’est pas à cause de son fauteuil de conducteur, parfaitement étudié, ni du confort général de son véhicule. Dans son collimateur, les ralentisseurs en forme de dos-d’âne qui, ces dernières années, ont pullulé dans les rues de Dreux et des communes voisines.

« Ces trucs-là, c’est une vraie tuerie. Quand on conduit, on a constamment le nez dessus », raconte à son tour l’un des trente-neuf collègues de Thierry affectés aux bus de ville. « Rien que sur la ligne 1 qui fait le tour de Dreux, on doit franchir soixante ralentisseurs. Quand on fait six fois la ligne dans la journée, on termine le service avec trois cent soixante ralentisseurs dans les jambes. »

Stress, inconfort et usure des véhicules, cela fait des années que les professionnels du transport urbain se plaignent de la prolifération de dos-d’âne trop marqués. La nouveauté, cette fois, c’est que Jacques Lemare, président (UMP) de la commission transports au sein de la communauté d’agglomération, se fait leur allié direct.

 

L’élu, successeur du socialiste Daniel Frard à la tête des transports urbains, a engagé ses fonctionnaires pour évaluer et si besoin corriger l’impact des dos-d’âne sur la qualité du service, le confort des usagers et des machinistes. « Je suis le premier à reconnaître que les ralentisseurs sont nécessaires contre la délinquance routière. Il n’est donc pas question d’imposer aux élus de les retirer. Par contre, je veux travailler avec les communes pour que nous puissions trouver ensemble de nouvelles solutions d’aménagement », explique Jacques Lemare.

Une prise de conscience qui enthousiame Eric Cochennec, directeur de la société de transports Kéolis. « Car cela fait quatre ans que je mène ce combat… », confiait-il, mercredi.

« C’est un vrai problème pour nos chauffeurs »

« Conscient qu’il faut lutter contre les voyous de la route », ce dirigeant ne réclame pas la disparition des dos-d’âne. « Mais il y a d’autres solutions qui présentent moins d’impact pour les bus. Par exemple les ralentisseurs en forme de plateaux qui sont plus bas et tout autant efficaces. » Pannes sur le réseau, voyageurs “secoués”, stress des conducteurs et coût important de maintenance des véhicules. « Chaque minute, chacun de nos chauffeurs rencontre un ralentisseur. C’est un vrai problème pour eux et pour la fluidité du service. Sans ces équipements excessifs, nous pourrions gagner du temps sur les courses et offrir plus d’arrêts à nos clients », souligne encore le directeur de Kéolis.

Soumis à de rudes conditions, les autobus, prévus pour rouler pendant quinze ans, voient leur durée de vie réduite de deux ans. Un impact aussi pour les contribuables qui les financent.

Pascal Boursier