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Alors que la construction de la future ligne entre Bordeaux et Blanquefort touche à sa fin, la SNCF demande des études qui vont entraîner un décalage du calendrier.

Transports : le tram-train du Médoc prend deux ans de retard
Une passerelle sera édifiée en gare de Blanquefort pour rejoindre le parc relais. Ici lors de travaux en mars 2014.© PHOTO 

ARCHIVES STÉPHANE LARTIGUE

 

Mauvaise nouvelle pour le futur tram-train du Médoc. Cette nouvelle ligne devait relier Bordeaux-Ravezies à Blanquefort, en passant par Bruges, à l’horizon septembre 2015. Finalement, ce ne sera pas avant juillet 2017. Le calendrier du projet vient en effet d’encaisser un retard de près de deux ans, en raison d’un souci technique et réglementaire sur les passages à niveau. La SNCF demande des études poussées pour régler ce problème, qui vont se traduire par un gros retard. Et ce alors que la construction de l’infrastructure est pratiquement terminée.

Le tram-train du Médoc est un projet ambitieux qui vise à apporter des transports en commun performants dans la partie nord de l’agglomération de Bordeaux, qui bénéficie d’une croissance démographique soutenue, mais aussi au-delà vers la couronne qui fait la jonction avec le Médoc. Et ce en utilisant l’emprise de la voie ferrée SNCF reliant Bordeaux au Verdon. Les prévisions de trafic ne plaident pas franchement en faveur d’un tramway dans ce corridor. Le projet a d’ailleurs été politiquement très contesté et n’a dû sa survie qu’à l’engagement fort de Vincent Feltesse, ex-maire PS de Blanquefort mais surtout ex-président de la CUB.

Le tram-train du Médoc est avant tout un pari de la Communauté urbaine de Bordeaux, maître d’ouvrage du projet. Un choix politique de développement vers une zone de l’agglomération qui en a besoin.

Particularité importante à connaître pour comprendre ce qui se passe actuellement : la voie ferrée du tram-train du Médoc doit pouvoir être utilisée, à terme, par des tramways mais aussi par des Trains express régionaux de la SNCF ou des trains de marchandise. Cette polyvalence de l’infrastructure est l’un des intérêts du projet, car elle offrira une connexion entre les réseaux de tram de TBC et celui de la SNCF qui irrigue la presqu’île du Médoc.

Ça, c’est pour plus tard. Au début, le tram se contentera de circuler sur une voie construite à côté de la vieille voie SNCF Bordeaux-Le Verdon, sans échange possible entre les matériels roulants. Un tel système hybride, qui n’a pas pour l’instant d’équivalent ailleurs en France, repose sur un mélange des univers du tram et du train. Les solutions techniques et les réglementations de l’un et de l’autre doivent être rendues compatibles. Notamment en ce qui concerne les passages à niveau, point sur lequel le projet de tram-train du Médoc est justement en train de buter.

Sur les 7,2 km de voie nouvelle entre Bordeaux et Blanquefort, le tram-train traversera plusieurs passages à niveauOr, les signalisations ferroviaires et celles du tram ne sont pas les mêmes. Et la gestion des temps de passage non plus. Pour simplifier : en cas de panne d’un passage à niveau, le tramway est capable de « passer à vue », comme on dit, autrement dit de poursuivre sa route si la voie est libre. Rien de tel pour un train : si le passage à niveau est en panne, il est obligé de stopper et d’attendre la réparation. Les deux moyens de transport sont soumis à deux réglementations différentes. Ce qui a un impact sur la signalisation, le système de barriérage, etc.

Tout récemment, la SNCF a indiqué à la CUB que des études poussées sont indispensables pour mettre au point un règlement des passages à niveau, mais aussi des solutions techniques, compatibles entre les trains et les trams. Ces études vont durer plusieurs mois, d’où le retard. Comment ce point réglementaire et technique n’a-t-il pas été prévu plus tôt ? C’est la question qui se pose. Le mariage tram-train étant à la base du projet, la CUB n’a pas pu découvrir au dernier moment, un an avant l’ouverture de la ligne, qu’il serait nécessaire de franchir des passages à niveau adaptés. « Je me pose un peu la même question, ce problème n’a peut-être pas été suffisamment anticipé », concède Christophe Duprat, maire UMP de Saint-Aubin-de-Médoc et vice-président de la CUB en charge des transports. Une manière de renvoyer la question vers l’ancienne majorité (de gauche), qui a piloté le dossier de tram-train depuis le début.