vendredi 28 février 2014
 

Le jeune conducteur de scooter qui était entré avec son engin dans un wagon de tramway devra effectuer des travaux d’intérêt général.

 

Bordeaux : condamné pour avoir blessé deux contrôleurs en entrant dans le tram avec son scooter
Les contrôleurs du tramway étaient en train de verbaliser sa copine. © Photo

photo archives s. lartigue

 

 

Le samedi 18 janvier, vers 16 h 30, un conducteur de scooter était entré avec son engin dans un wagon de tramway à l’arrêt Fontaine-d’Arlac, à Mérignac, sur la ligne A. À cet instant, un groupe de contrôleurs de Keolis était aux prises avec une jeune fille mineure qui ne possédait pas de titre de transport. Hier, le jeune conducteur de scooter, âgé de 24 ans, s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel de Bordeaux lors de l’audience des comparutions immédiates pour s’expliquer de son geste. Interpellé par la police à l’arrêt de tramway où se sont déroulés les faits, il avait été déféré au parquet puis placé sous contrôle judiciaire après qu’une convocation par procès-verbal à l’audience d’hier lui a été remise. « Je voulais la ramener au foyer où elle était placée. Mais elle n’a pas voulu. Lorsqu’elle est montée dans le tram, je savais qu’elle n’avait pas de billet. Lorsque j’ai vu les conducteurs, j’ai paniqué. J’ai cru qu’elle était en danger », a expliqué le jeune homme en réponse aux questions de la présidente Katia Szklarz.

  • Deux contrôleurs blessés

Pour Me Sylvie Capdepuis, du cabinet d’avocat De Lestrange, mandaté par Keolis pour représenter les deux contrôleurs blessés lors de l’agression, « les faits sont inadmissibles, d’une rare violence. Les contrôleurs ne faisaient que leur travail. Ils ont compris lors du contrôle que la jeune fille était en fugue. Ils s’apprêtaient à alerter le foyer d’où elle était partie. »

Elle a ironisé sur « l’âme de chevalier blanc » du prévenu et rappelé que les deux contrôleurs font toujours l’objet d’un suivi médical. Elle a demandé un renvoi sur intérêts civils. La vice-procureur Caroline Chassain a souligné aussi la gravité du geste mais, au regard de la personnalité et du casier judiciaire du prévenu, a demandé une peine de deux mois de prison avec sursis et 90 heures de travaux d’intérêt généraux dans les 18 mois. Me Géraldine Lechat-Ohayon, avocate du jeune prévenu, a insisté sur le fait que son client avait pris conscience de son acte et avait plusieurs fois signifié ses regrets aux contrôleurs. Le tribunal a suivi les réquisitions de Caroline Chassain et renvoyé l’audience sur intérêts civils au 24 juin.