Côte-d’Or – Transports Tramway à Dijon : trop de gong ?

 

le 14/02/2014 à 22:45 | Anne-Françoise BAILLY Vu 10571 fois

Marie-France Capra, à côté de Jean-Pierre Petit, président de l’Association de défense   des riverains contre les nuisances sonores du tramway.  Photo A.-F. B.

Marie-France Capra, à côté de Jean-Pierre Petit, président de l’Association de défense des riverains contre les nuisances sonores du tramway. Photo A.-F. B.

L’association de défense des riverains contre les nuisances sonores du tram dénonce notamment l’usage abusif du gong d’alarme.

 

«Quand deux trams se croisent : c’est “dong” ! Quand il arrive à la station : c’est “dong” et “dong” quand il repart. À chaque carrefour, c’est “dong”. Nous, on a aucune raison de recevoir ce dong ! ça klaxonne tout le temps ! »

Marie-France Capra, qui habite avec son mari dans un immeuble surplombant la nouvelle station tramway des “Godrans”, ne décolère pas.

« Depuis qu’il y a le tram, on ne peut plus ouvrir la fenêtre : on a une vraie gare à la maison ! C’est pénible : l’hiver, on peut gérer, mais l’été, c’est très difficile. »

Dans une gare

Depuis quelques mois, ces Dijonnais ont rejoint le mouvement lancé par Jean-Pierre Petit et son épouse Annick, habitants au 19, boulevard De-Brosses.

« Quand le tram a fait ses essais en mai 2012, c’est moi qui ai lancé l’affaire, confie Annick. J’ai été la toute première à dire : “On est dans une gare !” Ici, nous avons les deux rames de tram qui passent sous nos fenêtres et les immeubles sont resserrés. Il aurait mieux fallu faire passer une ligne dans le boulevard d’à côté. »

Le 5 juillet 2013, l’Association de défense des riverains contre les nuisances sonores du tramway s’est constituée avec comme président Jean-Pierre Petit : « Nous avons une cinquantaine de membres », précise-t-il. « Cette association a pour but de défendre les intérêts des riverains et résidants et de porter à la connaissance des pouvoirs publics de l’agglomération dijonnaise la gêne occasionnée par la vitesse du tramway et l’usage abusif du gong d’alarme utilisé par les conducteurs. »

Principales doléances de l’association ? Restreindre l’utilisation du gong aux seules situations d’urgence ; réduire la puissance sonore du gong ainsi que la vitesse du tramway à 20 km/h entre les stations “Darcy” et “République”…

Pas d’amélioration

Des requêtes que Jean- Pierre Petit explique avoir exposées à André Gervais, adjoint au maire de Dijon et conseiller communautaire du Grand Dijon délégué au tramway, le 25 novembre 2013, « sans qu’aucune amélioration n’ait été constatée depuis ».

Consulté sur cette question, André Gervais explique que « le bruit est la préoccupation de la Ville de Dijon et du Grand Dijon », et qu’en l’occurrence, la mise en œuvre du tramway et des bus hybrides a considérablement réduit les nuisances sonores au centre-ville. « Avant, c’étaient des bus très bruyants et tout le monde s’en plaignait ; d’autre part, il y avait beaucoup de circulation automobile, de l’ordre de 18 000 véhicules par jour. »

Et d’ajouter qu’un cabinet de contrôle est intervenu au domicile des plaignants pour mesurer les décibels : « Le niveau sonore a été évalué chez ces personnes et il ne dépasse pas les normes ».

Lors d’une réunio, à laquelle assistaient des représentants de Keolis-Divia, il a aussi été question de faire un rappel sur la souplesse dans la conduite et de ne pas faire usage du gong pour rien.

« Sur le niveau du gong, on a demandé si on pouvait atténuer un peu, mais le service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG), qui fait appliquer le règlement, n’est pas d’accord pour qu’on le diminue », explique André Gervais. Les membres de l’association ne comptent pas en rester là.

« À Marseille, ça ne “dongue” plus qu’en situation de danger », assure Marie-France Capra.

Un dossier à suivre.

André GERVAIS Élu communautaire délégué au tram“Le niveau sonore a été mesuré chez ces personnes et c’est dans les normes !”