L’un des premiers passagers évacués. Il en reste vingt-deux dans la rame.

 

9 h 45 : détendu, souriant, le jeune homme, capuche sur la tête, reste immobile, accoudé à une main courante de la rame de tramway. Mais un quart d’heure plus tard, l’homme s’agite brusquement, saisit une bouteille dont il asperge plusieurs passagers, tout en criant : “Sales chiens !”, avant d’ouvrir les portes et de fuir à pied.

Dans le tramway, situé à quelques mètres de la station Occitanie, c’est la panique. Les usagers (joués par des élèves du lycée Pompidou de Castelnau) s’effondrent les uns après les autres au milieu des cris, sans savoir ce qui leur arrive. En fait, le jeune homme à la bouteille a, quelques secondes plus tôt, aspergé la rame de gaz sarin. Comme ce fut le cas dans le métro de Tokyo, en 1995 (douze morts, 5 500 blessés).

Les secours sur les lieux en une vingtaine de minutes

Dans les secondes qui suivent, l’alerte est donnée. À partir de là, la chaîne des secours se met en place : pompiers, policiers, équipes du Smur 34… Tous arrivent au bout d’une petite vingtaine de minutes et commencent, protégés par leurs combinaisons étanches, à prendre en charge les victimes. Quelques minutes encore, le gros des moyens logistiques arrive : tente de décontamination, poste médical avancé…

Valider l’utilisation d’un matériel peu souvent utilisé

Deux heures trente plus tard, les vingt-quatre passagers contaminés ont tous été traités et sont hospitalisés pour certains. Malheureusement, l’un d’eux n’a pas survécu. Depuis le bord des voies, le “terroriste”, joué par Jean Brunet, un stagiaire de la préfectorale et futur fonctionnaire, observe la manœuvre. Comme la vingtaine de personnes chargée, hier, de vérifier la bonne marche de cet exercice grandeur. Un scénario improbable mais nécessaire à simuler, “pour tous les exécutants. Ce qui est intéressant, c’est de valider l’utilisation d’un matériel peu souvent utilisé et voir l’interropérabilité des personnels”, détaille le directeur de cabinet de la préfecture, Frédéric Loiseau.

Hier, en fin d’après-midi, en préfecture, on se disait satisfait du déroulement global de cette simulation “même si quelques points de détails” à améliorer et à intégrer dans le futur plan de secours ont été repérés.

Des moyens importants

Poste médical avancé, tente de décontaminations, plus d’une soixantaine de figurants, des dizaines de secouristes, policiers (nationaux, municipaux), personnels du CHU, des observateurs (armée de terre, Tam, préfecture…), une douzaine de véhicules d’intervention des pompiers, ceux de la Protection civile… L’exercice mené hier a mobilisé de gros moyens. « Même si la difficulté est de se mettre en configuration réelle. Mais nous essayons de le faire sérieusement », indique-t-on à la préfecture.

Midi Libre du 23/11/2012