Tous les bus et tram circuleront normalement jusqu’à la fin décembre et au delà. Ce qui n’est pas habituel : en décembre, le réseau de transport en commun de l’agglo est généralement sens dessus dessous. Avec des grèves à rallonges, des manifestations de chauffeurs de bus et traminots bruyantes, la colère aussi de milliers d’usagers.

Rien de tout cela cette année car la direction de Keolis et les syndicats ont fini par s’entendre. Les négociations annuelles obligatoires, bien souvent à l’origine du conflit, ont eu lieu bien plus tôt que d’habitude et se sont déroulées dans un climat plus serein.

« Enfin un véritable dialogue social. Lorsqu’on se respecte, lorsqu’on se comprend, le résultat est là », note David Bimboire, délégué du syndicat CGT, premier syndicat de l’entreprise. Un point de vue partagé par la direction. Elle reconnaît « l’avancée du dialogue social au sein de l’entreprise » et salue « l’esprit de responsabilité des organisations syndicales qui a guidé les quatre réunions de négociations précédant la signature unanime de l’accord relatif aux négociations obligatoires ». Pourtant en début d’année, les négociations semblaient bien mal engagées. Un référendum aurait remis les pendules à l’heure, 87 % des employés affirmant à cette occasion ne pas accepter les méthodes employées au sein de l’entreprise.
+ 1,7 % en janvier

Dès lors, selon le représentant de la CGT, la direction aurait changé sa façon de faire. « Avant, elle n’acceptait d’aborder qu’une partie des revendications. Maintenant, elle accepte de discuter sur tous les points avancés par les syndicats. » Lors des réunions de négociation de décembre, tout n’a pas pu être évidemment revu mais des avancées notables ont été actées. Pour le maintien de leur pouvoir d’achat, par exemple, les employés ont obtenu une augmentation de 1,7 % en janvier plus quelques avantages, soit environ + 2 %.
Un calme temporaire ?

De son côté, la direction évoque la mise en place d’un accord d’intéressement basé sur l’amélioration du service (progression du trafic, qualité de service et maîtrise de la fraude). La société annonce aussi des actions en faveur des plus de 50 ans de l’entreprise et le recrutement de 24 salariés en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage.

Les questions en suspens seront traitées au sein de groupes paritaires en début d’année. Ne pas croire toutefois que les syndicats ont définitivement signé un chèque en blanc à la direction. « Pour l’instant, on prend car ça répond à nos souhaits. Si ça coince, l’annonce d’un préavis de grève n’est pas exclue. »

Jean-Paul Vigneaud